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le Canada dépasse les États-Unis en tant que principale route aérienne vers les Caraïbes mexicaines

Dans un changement historique le Canada dépasse les États-Unis en tant que principale route aérienne vers les Caraïbes mexicaines

Le Canada a dépassé les États-Unis en tant que principale source de trafic aérien vers la côte caraïbe du Mexique, marquant un changement historique dans les tendances touristiques dicté par des facteurs politiques et des décisions du marché.
De nouvelles données révèlent que, bien que les liaisons des États-Unis à Cancún aient perdu des passagers en 2025, les vols en provenance du Canada ont augmenté jusqu’à 26 %, remodelant de manière spectaculaire le classement international des liaisons aériennes vers la région.
Les lignes reliant Cancún à Toronto et Montréal ont connu une croissance spectaculaire. La ligne de Montréal a augmenté de 24 % avec plus de 737 000 voyageurs alors que la ligne de Toronto a augmenté de 26,1 % pour dépasser 1,3 million de passagers. Ce sont les variations les plus significatives depuis le début des enregistrements et expliquent pourquoi le marché canadien a grimpé à la première place du classement.
Au total, le Mexique a reçu un peu plus de 2,8 millions de visiteurs canadiens en 2025, soit une augmentation annuelle de 11 %. Parmi eux, 1,6 million sont arrivés directement via Quintana Roo, positionnant le Canada comme le deuxième marché source après les États-Unis et représentant 13,6 % du total des touristes internationaux.
Changements de performance des itinéraires
Six des dix principales lignes ont connu une baisse du volume de passagers. L’itinéraire Cancún-Chicago a connu la plus forte baisse à 11,7 %, suivi de Cancún-Dallas à 4,5 % et Atlanta-Cancún à 2 %. La connexion à New York a également diminué d’environ 4 %.
Le classement annuel place les États-Unis en premier avec 13,7 millions de passagers (5,29 millions vers Cancún seulement), suivis du Canada (2,8 millions au total, 1,6 million vers Cancún), puis du Royaume-Uni, de la Colombie et de l’Argentine.

L’« effet Trump » et la réponse des compagnies aériennes

Les analystes pointent la rhétorique du président Donald Trump comme un facteur du déclin des routes américaines. En février 2026, Trump a de nouveau proposé de faire du Canada le 51e État américain, suite à des suggestions antérieures concernant l’annexion du Groenland et du Venezuela. Cette idée a suscité un retour de bâton dans l’opinion publique canadienne et a renforcé les inquiétudes concernant des politiques d’immigration restrictives et les menaces de tarifs de 100 % si Ottawa signait des accords avec la Chine.
Dans ce contexte, de nombreux voyageurs du Nord ont choisi d’éviter les États-Unis et ont préféré privilégier les plages mexicaines.
Francisco Madrid, directeur du STARC, a résumé ce changement de tendance : « Pour la première fois dans l’histoire, ce ne sont pas les routes vers les États-Unis qui sont les plus fréquentées, mais celles qui relient le Canada et le Mexique. » 
L’universitaire a noté que les compagnies aériennes ont profité de « l’effet Trump » pour renforcer leur offre canadienne, estimant que les sièges entre les deux pays ont augmenté entre 12 % et 13 %. Il n’est pas surprenant que des entreprises comme WestJet et Air Canada détiennent désormais environ 70 % du marché, avec de nouvelles liaisons comme le vol saisonnier Cancún-Calgary annoncées pour la saison hivernale 2026-2027.
Promotion et diversification pour 2026
Du Quintana Roo Tourism Promotion Council, le directeur Andrés Martínez Reynoso a reconnu que le boom canadien exige une stratégie correspondante. Il a révélé que cette année, ils vont doubler leurs efforts de promotion au Canada et chercher à augmenter la fréquence des vols vers les 19 villes canadiennes déjà reliées à Cancún.
L’objectif est de consolider le flux de visiteurs à court terme tout en favorisant simultanément la diversification vers d’autres marchés comme le Brésil et le Pérou, dont la présence dans le top dix a diminué en 2025.
Malgré la montée en puissance canadienne, les experts avertissent que le Mexique reste trop dépendant de l’Amérique du Nord, avec sept touristes sur dix arrivant des États-Unis et du Canada. L’absence des pays sud-américains et européens dans le classement reflète la nécessité d’élargir les horizons et de concevoir des politiques de promotion plus agressives.
Pour l’instant, le dépassement des États-Unis par le Canada dans le classement des routes aériennes offre un vent de fraîcheur à un secteur cherchant à se relever et à se réinventer après des années de turbulences.